Photo : Serge Anton
Gauthier Lisein et Dominique Serron travaillent ensemble depuis vingt-cinq ans. Ils se rencontrent au Lycée Jacquemotte et à l’Académie d’Ixelles où Gauthier termine ses études secondaires artistiques.
Dominique Serron y proposait un atelier de danse-théâtre et en 1983 déjà, Gauthier accompagne le projet « Médée » de ses percussions. Il compose ensuite les musiques de « La Folie » en 1985 et accompagnera des stages de danses et d'improvisation du jeune Infini Théâtre et donne des cours de rythme aux comédiens. Il assiste la mise en scène de « La Machine Infernale » (Jean Cocteau) au Rideau de Bruxelles et compose les musiques originales de la plupart des spectacles de l’Infini (« Alice », « La Maison de Bernarda Alba », « As You Like It », « La surprise de l'Amour », « Le Vestiaire », « Lady Will », « Contes d'Hiver »).
La naissance de ses filles l’amène à travailler pour le théâtre jeune public, avec notamment la compagnie du Théâtre Attrape, la Compagnie Pour Rire, le Théâtre Musical Possible, le Théâtre Isocèle ou le Théâtre du Copeau. Il revient au théâtre pour adulte avec «Anéantis» de Sarah Kane, mis en scène par Michel Bernard, avant de retrouver l’Infini Théâtre pour la création de La Princesse Turandot.
Mais Gauthier Lisein est avant tout musicien. Loin de s’attacher à un genre particulier, il passe du « parapsychofunkjazzrock » de son premier groupe Slaptitude à la chanson française (Marc de Hollogne, Pierre et Sylvain, Vincent Trouble, Daria de Martynoff, Bob de Marco…) en passant par le jazz (concerts avec Ivan Paduart et Richard Galliano) et évidemment les percussions et musiques dites du monde (Les petites frappes, Sureda, Zix, John Arcadius, Bao, Gadja, Camaxe, Kency Group, Zap Mama, Dunyakan…)
Autodidacte, il commence la batterie à quinze ans, puis se met au piano et à la composition. Il poursuit sa formation en suivant des séminaires de Jazz au conservatoire Royal de Liège avec Bruno Castelucci, Michel Herr, Guy Cabay, Pirly Zurstrassen ou encore Steve Houben. En 1986 il découvre la composition musicale sur programmes informatiques avec F. Abecassis. Il se tourne ensuite vers les percussions africaines et plongera définitivement dans la musique Afro-cubaine. La curiosité qui l’anime lui permet d’élargir ses horizons musicaux et lui offre une liberté de composition particulière (il crée et dirige notamment une œuvre pour orchestre de saxophones et percussions avec Steve Houben dans le cadre du Festival de Wallonie en 2004).
Gauthier a toujours entretenu un rapport privilégié avec la danse. Il aime faire danser son public et accompagne de nombreux cours de danse, africaine, afro-cubaine et contemporaine (Michèle Mandane, Ken N'Diaye, Béa Dobbelaere, Fumilayo, Nadine Bayet, Charleroi Danse, P.A.R.T.S.,Gregorio "El Goyo" Hernandez, Alberto Gonsalez) Il donne par ailleurs des cours de percussions (AKDT, Maison de la culture de Tournai, Ecoles normales…) Il a ouvert, avec ses compagnons de route, une école de danse, chant et percussion afro-cubaines à Bruxelles (baoasbl) et a participé à la réalisation d'une école d'art (Kuruka Maisha) à Nairobi pour les enfants des rues.
C’est à l’occasion des vingt ans de l’Infini Théâtre que Dominique Serron lui propose de reprendre leur collaboration. Il retrouve ainsi sa Maison Infini, celle qui l’a éduqué au théâtre, dans laquelle il a grandit, où il peut allier la recherche, l’invention, la composition, la danse et le concert.
Pour La Princesse Turandot, la composition musicale et le choix des instruments sont intimement liés à la dramaturgie et au travail de mise en scène. Pour évoquer l’Italie du XVIIIème, Vivaldi et le quatuor à corde se sont vite imposés, tout comme l’usage de la basse continue et la forme classique. La Chine imaginaire dans laquelle se déroule le conte invite Gauthier à plonger dans ce « royaume culturel de l’Orient » que l’on retrouve au travers d’instruments comme le luth, les percussions, les cymbales ou les flutes, mais également dans certaines ondulations mélodiques ou dans des évocations de chants perses. La voix, instrument sensible par excellence, devient contrepoint du récit des conteurs, car pour parler d’amour, de sentiments, de relations humaines, le chant, tout comme le corps, libère ce que les mots parfois taisent. L’écriture de mélodies chromatiques sans cesse parcourues de fausses résolutions permettent d’évoquer la recherche d’identité et les indécisions de l’amour.
La dramaturgie intervient ici jusque dans le principe même de composition et d’interprétation. Lors d’une des premières réunions dramaturgiques, Gauthier retient deux phrases de Dominique qui deviendront clés de sa composition :
« Ce qui importe dans le trajet du comédien c’est son fond et non sa forme »
« Une même réplique pourra faire rire un soir et pleurer le lendemain »
Ce théâtre d’émotion et cette conception libre de la mise en scène, incitent Gauthier à penser une musique flexible, aléatoire, sensible au jeu des comédiens. Pour marier cette capacité du « live » à une vision orchestrale de la musique, Gauthier se tourne vers un programme informatique, "Live" de Ableton, gestionnaire de « Loops » qui permet de combiner les séquences sonores à l’Infini.
Il a donc composé cinq thèmes musicaux principaux suivant les cinq étapes importantes de l’évolution dramatique de l’histoire, en adéquation avec les trajets des personnages. Ces thèmes sont écrits dans des tonalités, mesures rythmiques et tempos parallèles qui permettent des les combiner sans accrocs, de s’interpénétrer pour s’adapter à ce qui se passe sur le plateau. Il a enregistré séparément chaque instrument jouant différentes parties des 5 thèmes, la mélodie aux différentes voix ainsi que des arrangements écrits sur chaque thème. Le musicien dispose également d’atmosphères représentant les éléments (air, terre, eau, feu), des matières ou des ambiances sonores référenciées (marché, extérieur, intérieur, rue, mouvement etc...)
Chaque soir, le musicien réinvente. Il recompose en direct la musique à partir des différents éléments dont il dispose, épousant la danse et la voix du soir, redessinant le paysage sonore, reformant un puzzle dont l’image finale n’est jamais identique.
Le groupe invisible qui joue pour vous chaque soir est composé de
Philippe Aerts à la contrebasse ; Jazzman belge de renom, Django d’Or en 2002, il joue notamment avec Philip CATHERINE, Ivan Paduart, le Martial SOLAL's NEWDECABAND, Bert JORIS ou Michel HERR.
Baptiste Argouarc’h au violon ; passionné par l’œuvre de Frank Zappa et la musique traditionnelle irlandaise, fait partie du groupe « Tam Nà Vulinn » à la croisée du jazz et des influences du mondes, et Camaxe : musique du monde d'origine galicienne.
Karim Baggili au luth et à la guitare ; premier prix de l"Open String Festival" à Osnabrück en Allemagne, il joue notamment avec Nathalie Loriers, Mélanie Gabriel, "Traces", "Turdus Philomelos" et bien sûr son quartet, le "Karim Baggili Quartet" dans lequel il joue toutes ses compositions inspirées de musique flamenco, de rythmes sud américains et celle de ses origines : la musique arabe.
Fanny Bériaux à la voix ; formée aux conservatoires de Liège (en classique) et de Bruxelles (en jazz), elle vient d’enregistrer son premier disque avec Jarek Frankowski, entre jazz, soul, groove et pop.
Khalid Izri à la voix et à la flute… chanteur et compositeur, Khalid est né dans le Rif (Maroc), terroir berbère au bord de la Méditérranée. Avec sa voix de contre ténor, Khalid révèle une grande maîtrise technique et une énorme capacité d'interprétation vocale qui font de lui une référence incontournable dans le chant amazigh. Homme de conviction et de compromis avec de nobles causes depuis son jeune âge, il dénonce , à travers le chant, les injustices, réclame le droits des peuples de jouir de leur identité culturelle, appel au rapprochement des cultures et dénonce le racisme et la xénophobie, rend hommage à la terre, à l'amour et à la liberté.
Sylvia Platzer au violoncelle… vient de la musique classique, suit des cours dans des écoles d'acting, de théâtre mouvement. Ces expériences la poussent à développer une recherche constante entre la musique, le mouvement et l'improvisation.
Mené de main de musicien chaque soir par Gauthier Lisein ou Maxime Pistorio
La prise de son et l’édition des loops a été réalisée par Miguel Allo.
Khalid
Fanny
Miguel
Khalid Izri
Fanny Beriaux
Sylvia
Miguel Allo
Sylvia Platzer
Baptiste
Phil
Baptiste Argouarc'h
Phil Aerts
Distribution :
Texte de Carlo Gozzi
Mise en scène de Dominique Serron
Scénographie d'Anne Guilleray
Costumes de Renata Gorka
Création et réalisation des masques par Lucia Picaro
Lumières de Xavier Lauwers
Avec :
France Bastoen
Patrick Brüll
Laurent Capelluto
Mélanie Delva
Luc Van Grunderbeek
Laure Voglaire
Toni D'antonio
Stephane Fenocchi
Vincent Zabus
Alexia Depicker
Vincent Huertas
Karim
Karim Baggili
Photo : Maxime Pistorio